Guy Reynaud dit "le dingue", "la terreur" et "le p'tit Guy" (1m68) est né en 1944. Né d'un père matelassier, Guy a grandit dans le quartier de la Croix-Rousse. Dans sa jeunesse, il suit des études de tapissier avant de s'engager dans l'armée. Après un cambriolage, il est condamné à 18 mois de prison à 25 ans (il en fera 12).
Ce n'est qu'en 1967 que l'on entent parler de "la bande du Gros Cailloux", bande constituée de 4 personnes : Jean-Claude Porta, Gilles Porta dit "l'Archange du chalumeau", 19 ans, Maurice Gilly 38 ans et Guy Reynaud. Au cours de l'année 1968, la bande multiplie les cambriolages (fabriques de bijoux, coffre fort de magasins...) en montant des expéditions jusqu'à dans la Saône-et-Loire, le Jura, à Lons-le-Saunier, à Arbois, à Givors, à Bourg-en-Bresse et le Gap. Les trois complice de Guy seront arrêtés en mai 1968 après un dernier cambriolage à la gare Lyon Guillotière.
La presse commence à s'intéresser à Guy Reynaud suite au braquage du Carrefour Villeurbanne le 20 juillet 1968. Un commando, composé de Guy Reynaud, René Pourrade, Gilles Porta (libéré depuis), Michel V. (ami avec lequel Guy a plongé pour sa première condamnation à 25 ans) et de Dominique R., braque les employés sur place et les enferme dans la réserve en leur laissant boissons, cigarettes et duvets. Gilles Porta "l'Archange du chalumeau" découpe le coffre en deux heures et le commando repart sans violence avec 320 000 Fr (50 000¤).
Un événement plutôt insolite va se dérouler pendant le braquage. Alors que l'équipe s'occupait du coffre, deux policiers en service, se sont fait tirer le portrait au photomaton du magasin pendant un quart d'heure avant de repartir et sans n'avoir rien remarqué.
Pour fêter le coup l'équipe (plus d'autres proches) se rassemble le 22 juillet 1968 au "Grillon" dans le quartier des Célestins. Après quelques échauffourées avec un certain Roger Seive (entrepreneur en Ardèche) Guy Reynaud tire trois balles pour impressionner : une par terre, l'autre dans le piano et la dernière se loge dans le cou de Roger Seive. Ce dernier meurt sur le coup. En vérité Guy visait le plafond mais le coup est parti au moment où Guy leva le bras. Guy Reynaud avouera quelques années plus tard que ce drame fut le plus grand regret de sa vie.
Plusieurs proches de Guy Reynaud sont arrêtés dont Gilles Porta qui tenta de se suicider en se tailladant les veines et en avalant des cachets. Suites aux perquisitions, la police retrouvera une partie du butin du casse de Carrefour ainsi que des armes.
Affaiblis, le p'tit Guy fait encore parler de lui. Le 27 novembre 1968, quatre hommes font irruption dans le casino de Charbonnières avant de rapartir avec 138 000 Fr (21 000¤). En quittant la salle Guy Reynaud lance "Eh ben, messieurs, soyez beaux joueurs, les jeux sont faits, rien ne va plus!". Trois des participants de ce braquage sont arrêtés très rapidement. Ils ont été dénoncé par un indic avant même le braquage. Les trois apprentis braqueurs sont issus de la Croix-Rousse et sont amis avec Guy Reynaud.
Ces nouveaux complices arrêtés, Guy Reynaud ne tarde pas à en trouver d'autre. En effet, la bande à Guy Reynaud va réaliser un coup "gonflé" ce 24 décembre 1968, veille de Noël. A 20h, au 12 rue de la République, en plein quartier commerçant, deux convoyeurs voient débarquer une Estafette jaune préalablement volée. Deux hommes cagoulés et armés en sortent et se font remettre deux valises accompagné d'un "Joyeux Noël !" Recette du holdup : 330 000 Fr (50 300 ¤).
Se sachant traqué par la police, Guy Reynaud se réfugié dans le midi à Théoule-sur-Mer avec son chauffeur Etienne Delienne (Guy Renaud n'avait pas le permis). Le 27 janvier 1969, deux gendarmes trouvent le comportement suspect de deux individus. En voulant les contrôler, ces deux derniers, qui ne sont que Guy et Etienne, prennent la fuite mais se font arrêtés. L'effet de surprise à jouer en leur défaveur. Pour éviter un interrogatoire trop "musclé", comme il est coutume au poste de police rue Vauban, Guy Reynaud à la temps de se tirer une balle dans la cuisse. De ce fait, on le conduit à l'hôpital où il est sous la protection des médecins et n'est pas obligé de parler sous la contrainte.
En juin 1971, après de longs débats houleux, le verdict tombe. Guy Reynaud échappe à la peine de mort mais écope de 20 ans, Michel V. de 12 ans, Gilles Porta et Maurice Gilly de 10 ans, René Pourrade à 8 ans et Etienne Delienne à 4 ans.
Guy Reynaud est libéré en 1986 après 17 ans de réclusions dans des conditions atroces; avec un passage à l'hôpital psychiatrique de Villejuif.
Après avoir tenté de relancer l'atelier de son père matelassier à la Croix-Rousse, il est retrouvé, le corps penché, sur un lavabo. Il avait avalé une grande quantité d'eau et de médicaments. La prison l'avait usé. Le p'tit Guy s'est éteint le 21 janvier 1991 à l'age de 47 ans. Il repose aujourd'hui au cimetière de la Croix-Rousse.
Guy Reynaud fut le premier, à Lyon, à être surnommé par les médias "l'ennemi publique numéro 1". Il fut l'un des précurseurs du milieu lyonnais. En avance sur son temps, il est l'un des premiers à avoir utilisés des talkies-walkies.
Pour plus de détails sur Guy Reynaud n'hésiter pas à lire le livre "La Saga des lyonnais" de Hubert Nivon.