Edito

Edito
L'ensemble des articles est issu des livres "Lyon criminel" de André Seveyrat aux éditions Voyage 2000, "La saga des lyonnais " de Hubert Nivon aux éditions Le Cherche Midi, "Parrains & caïds : la France du grand banditisme dans l'oeil de la PJ" et "Le sang des caïds : les règlements de comptes dans l'oeil de la PJ" de Fréderic Ploquin aux éditions Fayard, "Lyon : le sang et l'argent" de Pierre Merindol aux éditions Alain Moreau et du "Guide de Lyon des faits divers : De l'antiquité à nos jours" de Catherine Simon-Lénack et Robert Daranc aux éditions Le Cherche Midi.

Ces articles ne sont qu'un résumé d'une partie de ses livres. Si vous êtes intéressé par le sujet du grand banditisme je vous conseille vivement d'acheter ses livres (disponible dans tous les magasins hormis "Lyon : le sang et l'argent" et "Lyon criminel").


A venir : Le suite de la vie de La Canne, la suite de la vague de règlements de comptes dans les années 90, les frères Papet, Émile Buisson et la bande de Vaise... et je compléterais les faits divers.


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Quelques liens intéressants :
- Lunik-parrain : sur le milieu français
- Connectedguy : sur le crime organisé international
- Dernières nouvelles du milieu : le blog de Jérôme Pierrat

# Enviado em Sexta 21 Novembro 2008 00:55

Modificado em Segunda 17 Agosto 2009 14:33

Les chiffres du crime organisé à Lyon

Les chiffres du crime organisé à Lyon
- 1,3 milliard d'euros de chiffres d'affaires pour le crime organisé lyonnais

- 85 règlements de compte entre 1987 et 2008 (6 en 2008 et 8 en 2007)

- 38 garde à vue par jour en moyenne, soit 14 000 par an.

Les principales affaires :
- Stupéfiants : 46%
- Économiques et financières : 18%
- Braquages : 12%
- Proxénétisme : 6%

- 30 à 50 lyonnais, âgés de 18 à 35 ans, sont inscrit sur le fichier du grand banditisme (200 environ en France).

- 320 millions d'euros de produits de contrefaçon circulent sur Lyon par an.

Estimation du chiffre d'affaires annuel des drogues dans l'agglomération lyonnaise:
- 780 million d'euros pour le cannabis
- 161 million d'euros pour la cocaïne
- 1,6 million d'euros pour l'ecstasy
- 1 million d'euro pour l'héroïne.


(chiffre de l'année 2008)

# Enviado em Sábado 06 Dezembro 2008 03:58

Modificado em Segunda 17 Agosto 2009 14:34

Guy Reynaud

Guy Reynaud
Guy Reynaud dit "le dingue", "la terreur" et "le p'tit Guy" (1m68) est né en 1944. Né d'un père matelassier, Guy a grandit dans le quartier de la Croix-Rousse. Dans sa jeunesse, il suit des études de tapissier avant de s'engager dans l'armée. Après un cambriolage, il est condamné à 18 mois de prison à 25 ans (il en fera 12).

Ce n'est qu'en 1967 que l'on entent parler de "la bande du Gros Cailloux", bande constituée de 4 personnes : Jean-Claude Porta, Gilles Porta dit "l'Archange du chalumeau", 19 ans, Maurice Gilly 38 ans et Guy Reynaud. Au cours de l'année 1968, la bande multiplie les cambriolages (fabriques de bijoux, coffre fort de magasins...) en montant des expéditions jusqu'à dans la Saône-et-Loire, le Jura, à Lons-le-Saunier, à Arbois, à Givors, à Bourg-en-Bresse et le Gap. Les trois complice de Guy seront arrêtés en mai 1968 après un dernier cambriolage à la gare Lyon Guillotière.

La presse commence à s'intéresser à Guy Reynaud suite au braquage du Carrefour Villeurbanne le 20 juillet 1968. Un commando, composé de Guy Reynaud, René Pourrade, Gilles Porta (libéré depuis), Michel V. (ami avec lequel Guy a plongé pour sa première condamnation à 25 ans) et de Dominique R., braque les employés sur place et les enferme dans la réserve en leur laissant boissons, cigarettes et duvets. Gilles Porta "l'Archange du chalumeau" découpe le coffre en deux heures et le commando repart sans violence avec 320 000 Fr (50 000¤).
Un événement plutôt insolite va se dérouler pendant le braquage. Alors que l'équipe s'occupait du coffre, deux policiers en service, se sont fait tirer le portrait au photomaton du magasin pendant un quart d'heure avant de repartir et sans n'avoir rien remarqué.

Pour fêter le coup l'équipe (plus d'autres proches) se rassemble le 22 juillet 1968 au "Grillon" dans le quartier des Célestins. Après quelques échauffourées avec un certain Roger Seive (entrepreneur en Ardèche) Guy Reynaud tire trois balles pour impressionner : une par terre, l'autre dans le piano et la dernière se loge dans le cou de Roger Seive. Ce dernier meurt sur le coup. En vérité Guy visait le plafond mais le coup est parti au moment où Guy leva le bras. Guy Reynaud avouera quelques années plus tard que ce drame fut le plus grand regret de sa vie.

Plusieurs proches de Guy Reynaud sont arrêtés dont Gilles Porta qui tenta de se suicider en se tailladant les veines et en avalant des cachets. Suites aux perquisitions, la police retrouvera une partie du butin du casse de Carrefour ainsi que des armes.

Affaiblis, le p'tit Guy fait encore parler de lui. Le 27 novembre 1968, quatre hommes font irruption dans le casino de Charbonnières avant de rapartir avec 138 000 Fr (21 000¤). En quittant la salle Guy Reynaud lance "Eh ben, messieurs, soyez beaux joueurs, les jeux sont faits, rien ne va plus!". Trois des participants de ce braquage sont arrêtés très rapidement. Ils ont été dénoncé par un indic avant même le braquage. Les trois apprentis braqueurs sont issus de la Croix-Rousse et sont amis avec Guy Reynaud.

Ces nouveaux complices arrêtés, Guy Reynaud ne tarde pas à en trouver d'autre. En effet, la bande à Guy Reynaud va réaliser un coup "gonflé" ce 24 décembre 1968, veille de Noël. A 20h, au 12 rue de la République, en plein quartier commerçant, deux convoyeurs voient débarquer une Estafette jaune préalablement volée. Deux hommes cagoulés et armés en sortent et se font remettre deux valises accompagné d'un "Joyeux Noël !" Recette du holdup : 330 000 Fr (50 300 ¤).

Se sachant traqué par la police, Guy Reynaud se réfugié dans le midi à Théoule-sur-Mer avec son chauffeur Etienne Delienne (Guy Renaud n'avait pas le permis). Le 27 janvier 1969, deux gendarmes trouvent le comportement suspect de deux individus. En voulant les contrôler, ces deux derniers, qui ne sont que Guy et Etienne, prennent la fuite mais se font arrêtés. L'effet de surprise à jouer en leur défaveur. Pour éviter un interrogatoire trop "musclé", comme il est coutume au poste de police rue Vauban, Guy Reynaud à la temps de se tirer une balle dans la cuisse. De ce fait, on le conduit à l'hôpital où il est sous la protection des médecins et n'est pas obligé de parler sous la contrainte.

En juin 1971, après de longs débats houleux, le verdict tombe. Guy Reynaud échappe à la peine de mort mais écope de 20 ans, Michel V. de 12 ans, Gilles Porta et Maurice Gilly de 10 ans, René Pourrade à 8 ans et Etienne Delienne à 4 ans.

Guy Reynaud est libéré en 1986 après 17 ans de réclusions dans des conditions atroces; avec un passage à l'hôpital psychiatrique de Villejuif.

Après avoir tenté de relancer l'atelier de son père matelassier à la Croix-Rousse, il est retrouvé, le corps penché, sur un lavabo. Il avait avalé une grande quantité d'eau et de médicaments. La prison l'avait usé. Le p'tit Guy s'est éteint le 21 janvier 1991 à l'age de 47 ans. Il repose aujourd'hui au cimetière de la Croix-Rousse.

Guy Reynaud fut le premier, à Lyon, à être surnommé par les médias "l'ennemi publique numéro 1". Il fut l'un des précurseurs du milieu lyonnais. En avance sur son temps, il est l'un des premiers à avoir utilisés des talkies-walkies.

Pour plus de détails sur Guy Reynaud n'hésiter pas à lire le livre "La Saga des lyonnais" de Hubert Nivon.
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# Enviado em Sexta 21 Novembro 2008 01:11

Modificado em Sábado 06 Dezembro 2008 04:18

Guy Reynaud et les faits divers

"Le 22 juin 1977, André ben Arab, 40 ans, est abattu au comptoir de son bar, le Chambéry rue Sainte-Catherine, de plusieurs balles de 11,43 mm. C'était le seul membre du gang de Guy Reynaud à avoir été acquitté."


"Il y a foule, cette nuit du 22 juillet 1968, au cabaret Le Grillon, rendez-vous des noctambules, rue des Archers à l'angle de la place des Célestins. A une table, un industriel ardéchois, de passage à Lyon, Roger Seive, ne supporte pas le bruit occasionné par une bande de jeunes, qui en sont à leur septième bouteilles de champagne. Il le leur dit. Pour toute réponse l'unx d'eux se lève et tire trois coups de revolver. C'est Guy Reynaud qu arrose ce soir là le hold-up qu'il vient de commettre, avec sa bande trois jours plus tôt, au magasin Carrefour (320 000 francs). Il risque la peine de mort. Grâce à son avocat Me La Phuong, il ne sera condamné qu'à vingt ans de réclusion criminelle."


"Le 2 novembre 1968, place des Célestins, tard dans la nuit, un truand lyonnais, Gilles Pivot, est abattu à coups de 7,65 mm devant le cabaret Le Longchamp. La police attribuera son meurtre à Guy Reynaud, chef d'un gang, surnommé le Dingue de la gâchette."


"Le 7 juillet 1978, rue Claudius-Penet, deux hommes cagoulés font irruption à l'heure de l'apéritif au Comptoir des Centuriions et tirent sept coups de feu sur un client qui leur tournait le dos, assis sur un tabouret face au comptoir. C'était un ancien de la bande à Guy Reynaud, Maurice Gilli 43 an. Il était aussi proxénète."

# Enviado em Sábado 22 Novembro 2008 01:09

Modificado em Quarta 03 Dezembro 2008 10:03

Pierre Rémond

Pierre Rémond
Pierre Rémond dit « Noneil » en raison de son strabisme et « Paul » pour ses proches est né en 1930 à Chatelard-en-Bauges (Savoie). Début des années 50, il se fait connaître des services de police pour proxénétisme et passe par la case prison. En 1968 il monte sa première équipe composé de Jean-Louis Benneyton dit « Gros But », Roger Decrossac, Emile Perioche (son neveu) dit « le Chinois », Michel Lautissier dit « le Parigot », Adrien Maestracci dit « le Tigre » et de J.L. L'équipe commet plus de 80 braquage en très peu de temps.

Le 30 mars 1968, sur la route de Romans et de Valence à Alixan, 5 personnes avec des lunettes noires et des armes de poings braquent une douzaine de personne dans un hôtel de passes. Ils vident les caisses, s'emparent de l'argent des clients; puis ordonnent aux clients de se déshabiller avant de demander à se faire servir le champagne.

Dans les mois qui suivent, le gang réalise de nombreux hold-up en banlieue parisienne et lyonnaise; en « tapant » jusqu'à 5 ou 6 fois par semaine.

Malgré les planques effectués par les hommes du commissaire Javilliey sur les différents points de chute du gang (notamment une carrosserie à Gerland) les braquages continuent. (ndlr : un indic avait dénoncé la bande aux flics). Lors de l'attaque du Crédit Lyonnais à Miribel, Roger Decrossac fait passer un message pour le commissaire Javilliey par l'intermédiaire du directeur de l'agence : « Dites à Javilliey, que là dedans (en montrant sa mitraillette) il y a au moins une balle pour lui, et que dans tous les cas, il ne m'aura pas vivant. »

Au autre indic annonce au commissaire que l'équipe va « taper » dans une grand bijouterie place des Jacobins. Le dispositif installé, le 2 juin 1968, deux hommes sont arrêtés rue Édouard Herriot par l'antigang. Ces deux derniers subissent un interrogatoire « serré » rue Vauban et vers minuit ils craquent. Ils balancent le 3e homme qui a réussit à échapper à la police rue Édouard Herriot. Il s'agit de J.L. Ce dernier s'est barricadé chez lui. Il faudra plus de 100 policiers pour l'arrêter. Michel Lautissiers « le Parigot » est arrête en aout 1968 à Bueno Aires où il y sera condamné à deux ans de prison pour trafic de stupéfiants.

Sa bande décimée, Noneil prend la fuite à Barcelone avec son neveu Émile Perioche « le Chinois ». Les policiers espagnol repèrent les deux gangsters grâce à l'enregistrement de leurs faux noms sur les fiches de la police après un contrôle de routine. La police encercle la maison où Noneil et son neveu se terraient. Des coups de feux éclatent, Emile Perioche est tué sur le coup d'une balle en pleine tête. Noneil, profitant de la confusion, réussit à sauter du balcon mais reçoit une balle dans le bas ventre. Il parvient à stopper un taxi, le braque et le force à le conduire en lieu sur.

Après cette opération, la police ratisse la Catalogne où plusieurs français seront arrêtés dont un certain Francis Vanverberghe dit « Francis le belge », futur parrain marseillais. On retrouvera chez ce dernier des armes. Il sera incarcéré en décembre 1968.

Noneil, blessé, va quand même réussir à traverser les Pyrénées enneigés à pieds et sans équipement. Arrivé à Perpignan il contact à Lyon Régis Roche dit « Pierrot » bien connu du milieu. Noneil tient pour responsable le commissaire Javilliey de la mort de son neveu Émile Perioche et se réserve le droit de le tuer.

Ses « aventures » en Espagne vont faire de Noneil une personne craint et respecté du milieu. Pierre Rémond entre dans la légende du grand banditisme lyonnais.

Après quelques mois, Noneil monte sa 2e équipe : Roméo Monari dit « Lucien » 28 ans. Cet italien, présenté comme le lieutenant de Noneil, s'est évadé de la prison d'Allessandria (Italie) où il purgeait une peine de 8 ans pour braquage. Dans cette équipe on retrouve aussi Louis Guillaud 40 ans dit « La Carpe », Christian V. 23 ans, Michel Four 25 ans, Libério Gabayet 37 ans, Jean Delussinges 38 ans et Henri Simonelli dit « Riri ».

Cette équipe se manifeste le 5 septembre 1969 en tuant Jean Monan, un ancien du milieu qui servait d'intermédiaire entre les truands. Jean Monan avait demandé à Noneil d'arrêter de mettre à l'amende certains tenanciers de maisons closes. Noneil avait refusé. Il se disait que Jean Monan allait « donné » Noneil aux flics. Jean Monan sera abattu chez lui à Villeurbanne.

On retrouve cette bande le 28 novembre 1969 où un certain François Lannes (magasinier) est abattu. Ce soir, près de Jonage, la voiture, avec à son bord Noneil et Louis Guillaud « La Carpe » gêne la voiture de François Lannes lors d'un dépassement. Ce dernier les insulte et demande aux deux gangsters de s'arrêter. Une fois sortie du véhicule une rixe entre les trois hommes éclate. Lannes se défend tant bien que mal avec son fort gabarit mais reçoit un coup de crosse sur la tête avant de prendre deux balles. François Lannes est tué. La nuit même Louis Guillaud est arrêté par la police à Miribel suite à une autre bagarre survenue dans un bar. Il est arrêté avec un 7,65 mm et un manteau tâché de sang. Ces indices ne pourront jamais prouvés l'implication réel de Guillaud dans le meurtre de François Lannes. Guillaud bénéficiera d'un non-lieu. Noneil ne sera pas inquiété dans cette affaire.

Pierre Rémond enchaine les braquage en cette fin d'année 1969 et se lance dans le racket des bars, d'hôtel de passes et de boites de nuit. Noneil est tellement craint que certains gérants préfèrent quitter Lyon.

Après avoir, une nouvelle fois, été aidé par un indic, la police retrouve la trace de Noneil. Elle localise des proches à lui dans un garage dans le quartier d'Ainay. Ce mardi 2 décembre, une 20e de policiers sont en planque dans la quartier. A 10 heures, Noneil, son lieutenant Roméo Monari et un troisième individu entre dans un bar du quartier. Les deux premiers sont extrêmement méfiants et nerveux. La police hésite à les interpeller dans le bar sachant que les deux malfrats n'hésiteraient pas à tirer dans le tas.

Le « top » est lancé. La police entre dans le bar en criant « Ne bouge pas Noneil! Ne bouge pas! » Cependant, Noneil à le temps de tirer à travers la poche de son manteau et abat un flic. Pendant l'esbroufe un policier tire une balle en pleine tête de Roméo Monari après avoir vu ce dernier glissé la main dans sa poche. Noneil reçoit trois balles, tente de d'enfuir par la porte de service mais un policier lui vide son chargeur de mitraillette dans le corps. Bilan de l'opération trois morts : Roméo Monari, Pierre Rémond et un flic. Le troisième individu a été interpellé.

La mort de Noneil entrainera la chute de sa seconde équipe. Excepté Louis Guillaud, la plupart écopèrent de lourdes peines.

Pierre Rémond a été inhumé au cimetière de la Croix-Rousse le 9 décembre 1969 dans le caveau familial. Il fait partie, incontestablement, de la légende du milieu lyonnais. Il fut le premier à s'en prendre aux patrons des maisons closes. Les deux équipes qu'il dirigea, furent les plus dangereuses et les plus sanglantes du grand banditisme des année 60.

légende photo : La mise en bière de Pierre Rémond

Pour plus de détails sur Pierre Rémond n'hésiter pas à lire le livre "La Saga des lyonnais" de Hubert Nivon.

# Enviado em Sábado 22 Novembro 2008 02:52

Modificado em Terça 07 Abril 2009 15:30